stampa

Recensioni

Marenzio – L’amoroso & crudo stile

La discografia di Luca Marenzio (1554-1599), esponente sommo del madrigale prima di Monteverdi, è estremamente ridotta in rapporto all’importanza del compositore e alla qualità delle numerose raccolte da lui pubblicate: ogni nuovo disco marenziano è quindi benvenuto di per sé e lo è ancor più quando, come in questo caso, i servizi resi non si fermano alla documentazione. L’antologia diretta da Walter Testolin – già noto alla critica per l’operato svolto su repertori più antichi con l’ensemble De Labyrintho – cerca di tracciare un “profilo biografico” del musico bresciano presentandone brani che seguono la cronologia delle uscite (dal 1580 al 1599) e, nel farlo, propone un convincente excursus che va verso esiti tecnici ed espressivi che permettono di leggere la “seconda prattica” (cioè Monteverdi e la crisi del madrigale polifonico) non come invenzione individuale ma come processo (fra l’altro i testi petrarcheschi consentono facilmente il raffronto con intonazioni scritte da altri autori). Elemento non secondario di questa pubblicazione, la riconferma dell’ensemble Rossoporpora come versatile e perfezionata compagine vocale in grado di eseguire questa difficilissima musica da camera senza nessuna invidia o parodia delle poche voci che fino a oggi hanno (seppur magnificamente) quasi monopolizzato la scena madrigalistica italiana, passano da un gruppo all’altro di nome diverso ma con sostanza assai simile. Il madrigale, sembra affermare con forza Testolin, è musica che nel secondo Cinquecento si va facendo sempre più individualista, per cantarla occorrono quindi nuove voci di nuovi uomini e nuove donne votati a questa sonora commistione di amore e crudeltà.

Carlo Fiore

Once in a while – rather more rarely than some would have us believe – a truly exceptional recording comes along, a recording of such musical merit and artistic quality that it stops us in our tracks. This is such a CD.
The performances are outstanding, indeed they are near-exemplary on both technical and interpretative grounds. The seven voices of Rossoporpora, all excellent in their own right, blend beautifully in whatever combination they are employed, being superbly balanced in contrapuntal writing, while perfectly chorded in the homophonic passages with which the composer so skilfully employs contrast. The realisation of the texts, so acutely understood and set by Marenzio, is achieved with a complete understanding of both musical and literary syntax perhaps only achievable fully in this repertoire by singing in one’s native language. Neither are the performances frightened of employing tempo fluctuations to expressive means, which to my mind pays big dividends in a long text like ‘Cruda
Amarilli’ (from Guarini’s Il pastor fido). But these are performances not to analyse, but rather to admire, to savour, to delight in, to share exquisite suffering in […] But there can be no doubting that this is now unquestionably the finest available recording of a selection of Marenzio madrigals. It is, in a single word, magnificent.

Brian Robins

“De amoroso & crudo stile” bevat 18 van zijn mooiste madrigalen. Ze verklanken intieme emotionaliteit met buitengewone schoonheid en intense menselijkheid. Met emotionele intensiteit en diepgaand respect voor de poëtische teksten, exploreert “RossoPorpora” hier met hun eerste opname, het madrigaal, de oudste manifestatie van de sublieme, Italiaanse muzikale identiteit. De uitvoerders (samen “RossoPorpora”), zijn de sopranen Francesca Boncompagni en Alicia Amo, de alten Elena Carzaniga, en Matteo Pigato, de tenoren Massimo Altieri en Giacomo Schiavo, en de bas, Mauro Borgioni, en Massimo Lonardi en Michele Pasotti, luit. Het geheel staat o.l.v. Walter Testolin. De mooie teksten kan u in het bijbehorend boekje volgen in het Italiaans en in het Frans. Zeker doen. Schitterend!
L’AMOROSO E CRUDO STILE” di Luca Marenzio di RossoPorpora diretto da Walter Testolin per l’etichetta ARCANA. Sublime!
“De amoroso & crudo stile” contiene
18 tra i suoi madrigali più belli.

Esprimono un’intima emotività con straordinaria bellezza e intensa umanità. Con intensità emotiva e profondo rispetto per i testi poetici, i “RossoPorpora” esplorano qui, con la loro prima incisione, il madrigale, la più antica manifestazione della sublime identità musicale italiana. Gli interpreti (insieme “RossoPorpora”) sono i soprani Francesca Boncompagni e Alicia Amo, i contralti Elena Carzaniga e Matteo Pigato, i tenori Massimo Altieri e Giacomo Schiavo, il basso Mauro Borgioni, Massimo Lonardi e Michele Pasotti, liuto. Il tutto è condotto da Walter Testolin. Potrete seguire i bellissimi testi presenti nel libretto allegato in italiano e
francese. Certamente. Meraviglioso!

Michel Dudrieue

A (re)découvrir de toute urgence !
Vingt-cinq ans après la lecture révolutionnaire du 6elivre de madrigaux de Monteverdi par Il Concerto Italiano, Arcana pose un nouveau jalon historique en rendant cette fois hommage à Luca Marenzio. Des premières pages, tendres et lumineuses, qui ont ravi les contemporains du jeune magridaliste de Brescia et l’ont érigé en arbitre des élégances jusqu’au « dire âpre » et à la « gravité mélancolique » qu’il recherchera ensuite pour les cultiver magnifiquement, L’amoroso & crudo stile dévoile, comme aucune autre anthologie avant elle, la diversité d’une œuvre passionnante qui mériterait une meilleure diffusion. S’il a déjà gravé la musique de Ferrabosco (l’Ancien), Marini ou Buxtehude (une très recommandable version du cycle Membra Jesu Nostri a paru chez Stradivarius en 2015), RossoPorpora sera pour beaucoup la véritable révélation de cet enregistrement. Et pourtant, les amateurs du genre connaissent déjà l’un ou l’autre chanteur, qui ont partagé ou partagent d’ailleurs encore un bout de chemin avec d’autres spécialistes du madrigal. A ces mêmes amateurs, il n’aura pas échappé que certains des artistes qui, en 1992, renouvelaient notre connaissance du divin Claudio sous la conduite de Rinaldo Alessandrini ont ensuite créé leur propre ensemble et que la crème des interprètes transalpins appartient à une grande famille. Fondé en 2010, RossoPorpora réunit notamment l’alto profond et pénétrant d’Elena Carzaniga et le ténor Massimo Altieri, qui se côtoient également au sein de la Compagnia del Madrigale, Altieri ayant aussi chanté dans d’autres formations avec Walter Testolin. En l’occurrence, ce dernier se concentre exclusivement sur la direction, un choix qui n’est probablement pas étranger au degré d’accomplissement atteint par la réalisation. Autre atout de RossoPorpora, essentiel : la fraîcheur et l’éclat des sopranos, soient Francesca Boncompagni, passée par le Jardin des Voix et adoubée par Gardiner pour son Monteverdi Tour, et Alicia Amo, dont l’étoffe scintille aussi à l’opéra. Il faut saluer l’équilibre remarquable des parties, talon d’Achille, a contrario, de la Venexiana dans le 9 e livre (Glossa,1999), où les splendeurs fuligineuses de la basse Daniele Carnovich éclipsaient trop souvent le soprano décharné de Rossana Bertini. Les amours légères nous permettent d’abord d’apprécier la perfection de la mise en place et la justesse des instruments, la limpidité de l’articulation et plus encore le naturel avec lequel RossoPorpora restitue les variations du sentiment, glissant avec une aisance confondante de l’ardeur à la morbidezza (Qual vive Salamandra) ou tressaillant dans un fugace accès d’angoisse. Ce n’est pas Vénus qui descend du ciel pour bénir l’union des bergers (Scendi dal paradiso Venere), mais les arabesques des chantres qui nous y emmènent. Si la troisième plage (Dolorosi martir) laisse déjà entrevoir les ressources de Marenzio dans le pathétique, le climat général du disque bascule littéralement à la neuvième, au cœur du fascinant Zefiro torna, la douleur émergeant avec une acuité quasi insoutenable et inattendue après deux quatrains particulièrement enjoués. La richesse, inouïe, des intentions et l’engagement des Italiens nous plongent aujourd’hui dans la même stupeur que l’approche radicale et salutaire du Concerto Italiano chez Monteverdi il y a un quart de siècle.
La théâtralité, les accents fiévreux – dans le si moderne Crudel, perché mi fuggi – n’interdisent pas la délicatesse de touche chez des musiciens dont le nuancier et la plasticité semblent infinis. Certes, il convient de saluer l’audace des défricheurs et, sans le minimiser, le travail effectué par Claudio Cavina et ses partenaires. Il n’en reste pas moins qu’avec le recul, leur interprétation des chefs-d’œuvre du 9elivre paraît timorée. « Nous avons essayé, écrivait le contre-ténor, de savourer toutes les dissonances, les fausses relations, les chromatismes dans un rythme lent », en faisant durer les pauses et les silences ajoutait-il mais sans vraiment y parvenir. Or, c’est exactement ce que donne à entendre aujourd’hui la performance de RossoPorpora, qui ose alentir et dilater le temps pour mieux libérer le potentiel expressif de ces partitions à (re) découvrir de toute urgence : 4’07’’ pour 3’27’’ chez la Venexiana dans Crudele, acerba, 7’32’’ pour 6’10’’ dans Solo e Pensoso. Quelques dizaines de secondes pour un monde si proche, aux émotions si palpables.
Un disque pour l’île déserte.

Bernard Schreuders

L’ensemble RossoPorpora coglie pienamente nel segno, valorizzando con sapienza lo spettro degli stili di Marenzio. Le voci si intrecciano in cristallina purezza, restituiscono il senso del testo con gran cura nella pronuncia (basti, a esempio, lo stacco tra le prime due strofe di Zefiro torna e le altre), procedono in un fraseggio espressivo e appassionato.

Filippo Lovato


Buxtehude – Membra Jesu nostri

Le premier de la liste est celui qui fait l’objet de la vignette ci-dessus. C’est en écoutant l’émission “En pistes” animée sur France Musique par Emilie Munera et Rodolphe Bruneau-Boulmier que j’ai eu ce véritable choc à l’écoute d’un extrait de la version du Membra Jesu Nostri de F Buxtehude par l’ensemble Rosso Porpora, sous la direction de Walter Testolin. Cette version est d’une densité extraordinaire, d’une humanité qui vous saisit d’emblée. Les voix de cet ensemble, d’une tenue parfaite, n’ont pas la froideur des Venexiana mais, au contraire, une très belle richesse expressive, tout en conservant un équilibre formel parfait. La qualité d’enregistrement est exemplaire. C’est vraiment passionnant d’écouter cette lecture italienne de ce compositeur luthérien qui, tout comme ses contemporains, a été fortement influencé par le style madrigal italien.
Superbe révélation.


Concerto Italia mia

Nel complesso un programma corposo e di grande spessore, che i solisti del RossoPorpora Ensemble hanno interpretato in modo eccezionale, sotto l’attenta direzione di Walter Testolin (autore anche di brevi delucidazioni sui compositori rinascimentali e sui contesti nei quali si muovevano), evidenziando voci splendide quanto mai adatte al repertorio ed affiatamento perfetto.
Un cenno merita, infine, il cembalista Dario Carpanese, che ha ben accompagnato in alcuni pezzi i cantanti ed ha eseguito un paio di brani strumentali.